Samedi dernier avec Jeannot nous « cheulions » dans notre petite boîte préférée du samedi soir que nous appellerons A. Cet établissement possède un certain nombre d’avantages non négligeables : il est à 300m de chez nous, le portier n’est pas emmerdant, c’est bon marché et un pote se lève la serveuse, d’où des tarifs encore plus attractifs qu’ils n’y sont déjà. Cela dit il y a un revers de la médaille : la moyenne d’âge n’est pas des plus élevées et l’ambiance sombre parfois dans le Biactol. Comme on y va TOUS les samedis soirs depuis qu’on est revenus à Clermont on commence tout doucement à saturer…
Samedi dernier fût donc la goutte d’eau : on y est clairement allé histoire de dire qu’on est pas resté chez nous un samedi soir, on avait l’entrain de cul de jattes et on s’y est monstrueusement emmerdés, au point de jurer de ne plus JAMAIS y refouttre les pieds.
Nous voici une semaine plus tard : fin d’après midi hier, la soirée se prépare, match de foot à la télé pour le plus grand plaisir de nos amis footeux, tout le monde est motivé pour faire la java d’autant que la veille a été très calme. Posté peinards en terrasse la soirée se profile au détour de quelques coups de téléphones bien sentis et de plans sur la comète des plus foireux. Cariolo et Papatch s’accordent avec nous pour dire qu’ « aujourd’hui toutes les nanas sont canons », ce soir c’est notre soir, c’est même « la soirée de la dernière chance ». Depuis notre retour à Clermont aucun de Jeannot ou moi n’a emballé qui que ce soit, avec toutes ces naïades qui déambulent dans les rues il y en a forcément pour nous ! L’heure est donc à la détermination des grands jours, tous les coups sont permis. Je déclare que « ce soir je me fous fin minable et je m’emballe n’importe qui, j’m’en fous ! ». Un Jeannot des plus contradictoires me rétorque « ouais, t’as raison, moi aussi ! » avec un sourire qui sent bon le folklore…
20h nous voici arrivés chez KJ pour un barbecue foot avec tous les potes qui ont eu la bonne idée de rester à Clermont pour ce long week-end, tout le monde est super chaud pour sortir.
23h tout le monde est chez nous, la préchauffe à proprement parler débute. Apres deux heures où on passe notamment Cariolo au fer à repasser nous voici arrivés dans une boîte que nous appellerons B. Le videur ouvre la porte « vous êtes combien ? » « 10 » « Ouais OK entrez ». Avec Jeannot, derniers du cortège comme d’hab’, on ouvre des grands yeux, on s’attendait à plus de résistance de la part du portier. Avant même d’être dedans on se dit qu’ « une boîte qui prend 10 loustics comme nous sans broncher ça sent le pâté ».
Dont acte, la boîte a beau être minuscule elle n’en est pas moins complètement vide. Deux « vieux » se roulent goulûment des patins sur une banquette et c’est tout, c’est pas avec ça qu’on va ramener Cendrillon… Avant même que tout le monde soit assis on décrète comme le résume Gadus que « c’est tout pourri, on se casse, c’est nul à chier ». On est restés moins de deux minutes là dedans...
De fait l’établissement A retrouve subitement tout son lustre d’antan. En moins de deux nous y voilà, les vieilles habitudes revenant vite. La patronne comprenant qu’on est pas venus là pour acheter du terrain et commenceant à être habituée à vois nos gueules de repris de justice nous propose une « promotion » qui ne se refuse pas. On se retrouve donc rapidement équipés pour l’hiver avec de la vodka pour un régiment et le tout pour une somme « modique ». Cariolo se fait accoster par un boudin intersidéral dont il peine à se débarrasser. Je vois Jeannot s’approcher fourbement pour voir de quoi il retourne. Connaissant l’animal il est fouttu de se l’emballer, hors de question que je me fasse coiffer, ce soir tous les coups sont permis. L’ambiance n’est pas des plus déchaînées mais moi si, les desinhibiteurs alcoolisés ayant fait du zèle, je suis d’humeur John Travoltesque (c’est une image, primo le DJ n’est certes pas toujours inspiré mais on échappe fort heureusement aux Bee Gees et je n’ai ni fute pattes d’ef, ni chemise col pelle à tarte, et encore moins un style 70’s).
Gadus me sort « t’as un ticket avec la meuf qu’a une tête de mort sur son T-shirt ». Outre le fait que c’est vrai tant de glamour me fait pisser de rire. Je note, ce sera toujours ça au cas où. D’ailleurs je ne sais pas si ça se voyait que j’étais venu là pour ramener la princesse au château mais les affaires vont bon train. Dans une logique ignoblement consumériste je jauge mes amies de podium histoire de voir laquelle je vais essayer de me faire. Je sais, c’est très moche mais comme je vous l’ai dit, hier l’approche sale type était totalement assumée.
Evidement ça ne se passe jamais comme prévu et au moment même où je me dit « allez hop, celle là je m’y mets » une de ses copines débarque sur le podium pour un motif lambda.
Un ange.
Il ne reste que deux personnes dans la boîte, elle et moi. Tout le reste devient accessoire. Tout se passe dans une débauche de naturel et de « facilité », comme si se connaissait depuis des lustres. Je ne vais pas m’enfoncer dans les clichés, vous connaissez sûrement ce genre de situation, du moins vous le souhaite-je.
Je passe deux heures des plus fabuleuses, je revis. Je vous avoue que je n’y croyais plus des masses et que je commençais à me poser sérieusement des questions sur le thème « y en a pas une qui m’a plu depuis des lustres » et à « psychoter » mollement sur ce qui ne tournait pas rond chez moi.
Nous ne sommes pas sortis ensemble, je m’en contrefous, elle avait déjà un copain (qui a quand même du avoir les oreilles qui sifflent, je suis sympa mais pas non plus con, du moins j’essaie). J’en avais déjà plus que je n’en aurai rêvé pour ce soir. Les contraintes logistiques font qu’elle doit partir, je lui glisse que de toute façon ces quelques instants avec elle valaient définitivement mieux que de sortir avec toutes les filles de la boîte et la remercie d’être aussi passionnante. Je retourne au bar et les autres me sautent dessus sur le leitmotiv « alors ? ». Je leur explique, ils hallucinent. Je soupçonne d’ailleurs la plupart d’entre aux de commencer à me prendre pour un extra terrestre ou un individu à la vie sentimentale « alternative ». Je dors à l’occasion chez X sans qu’il ne s’y passe quoique ce soit de sexuel, Y est folle de moi en plus d’être pas mal du tout et je m’en contrefous, je la trouve juste « cool » et refuse de jouer sur le fait que « je lui plaît vraiment » s’il n’y a pas d’étincelle retour. Ca me vaut quelques vannes bien salées mais honnêtement se prendre des vannes par ses potes parce qu’on ne sort pas avec tout ce qui bouge est plus agréable que si on me servait du « t es moche, t’es con, t’es un pov’type et tu pues ».
La fin de soirée est désespérément fade, je reste accoudé au bar avec un Cariolo chancellent pour ne pas dire ivre mort à me repasser en boucle cet fragments de merveilleux, avec le sourire du mec qui a été touché par la grâce.
Merci Maylis donc, on ne se reverra peut être jamais mais cet interlude n’en fût pas moins féerique. Et qui peut se passer de féerie… ?
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