Chose promise, chose due, voilà l'article sur Angel-A:
Amis des salles obscures bonjour. Aujourd’hui au programme de la séance : Angel-A, le nouveau Luc Besson. Nouveau et théoriquement ultime puisque Besson a toujours déclaré ne vouloir faire que DIX films dans sa carrière pour ne pas s’éparpiller. Hors celui-ci est le 10e…
Pour son dernier film Besson s’offre un vrai film aurai je envie de dire. Un film à la Woody Allen ou à la Wong Kar Waï, pas un jeu vidéo à la George Lucas ou à la Dreamworks. Exit les effets spéciaux du 5e élément, les carnages de Léon ou Nikita. Ici on donne dans la simplicité. Le film donne l’impression d’avoir été tourné avec 10 personnes, caméra à l’épaule. Concrètement ça n’est pas le cas mais ça n’est pas tout à fait faux non plus. Le film a été tourné cet été pendant les 15 premiers jours d’Août et soit très tôt le matin soit très tard le soir. Ca donne une impression curieuse, l’idée que Paris a été laissé tout entier à Jamel Debouze et à Rie Rasmussen, qui en font bon usage. Le film en lui-même est touchant de simplicité et déborde de fraîcheur, en bref il fait du bien à voir. Besson se concentre comme d’habitude sur le genre humain, mais y délivre son message directement, comme s’il constatait que des précédents on a retenu que les cascades ou les dauphins alors il faut nous l’expliquer clairement, c’est notre dernière chance de comprendre. Ici le seul objet du film est le bonheur et comment aller le chercher à travers l’exemple d’un petit mec qui est malheureux et ne s’aime pas et qui va apprendre (de force) à être heureux simplement et à aimer les autres, et lui. Evidement c’est un Besson, on est pas devant « bas les masques » ou le divan d’Henri Chapier. Besson est un conteur et sait raconter de belles histoires ce dont il ne se prive pas.
Parlons des acteurs. Grosso modo le générique tient en deux lignes : Jamel Debouze et Rie Rasmussen. Jamel vous fait pisser de rire ? Et bien cette fois ci il vous fera pleurer. Exit les traditionnelles 3 tonnes de tout et n’importe quoi qu’il rajoute partout, son jeu est simple et dépouillé tout en restant faussement maladroit et bien spontané. Cette fois ci Jamel vous fait sourire mais ce n’est pas parce qu’il a raconté une connerie. Pour en arriver à ce niveau de dépouillement Besson a du user de subterfuges tels que ne pas lui faire lire le scénario ou encore lui donner les scènes une par une pour l’empêcher de tout mettre en perspective. Le fouttre à poil en d’autres termes, ce qui était une très bonne idée. Rie Rasmussen est l’ovni de ce film, tout d’abord personne de la connaît, ensuite Besson a trouvé LA fille à qui le rôle va comme un gant. Comme toujours c’est une grande tige androgyne mais celle ci rayonne, même en noir et blanc. Elle emmène le film tambour battant, a de l’énergie pour cinq et vous suivez en courant pour ne pas en perdre une miette, vous accrochant à ses interminables gambettes.
Comme d’habitude quand j’écris un article sur un film c’est pour vous engager à aller le voir mais celui-ci tout particulièrement. A l’évidence c’est le plus beau que j’aie vu cette année et certainement un des plus beaux que j’aie vu tout court. Allez y de ma part, si vous n’aimez pas vous n’aurez qu’à me péter la gueule. Comme c’est vraisemblablement ma dernière chronique ciné de l’année je vous donne ma traditionnelle liste des trois films que selon moi vous auriez du voir: Batman Begins, Les poupées Russes, Angel-A, indispensables.
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